Société Française de Biochimie et Biologie Moléculaire


Congrès de la Japanese Society of Medical Oncology : Fight against deadly cancer, collaborations among science, cancer care and society.

Le congrès de la JSMO s’est déroulé du 16 au 18 juillet 2015 à Sapporo au Japon.

 

Il a réuni plus de 5000 personnes avec 41 conférenciers invités venant de 11 pays différents.

Plus de 400 présentations ont été données lors de 90 sessions orales. Au cours de ces 3 journées, 926 posters ont été présentés recouvrant une trentaine de thématiques différentes.

Ce congrès a réuni de nombreux spécialistes en oncologie. Y étaient également organisés de nombreux symposiums en collaboration avec des organisations scientifiques internationales (ASCO, ESMO, KACO, CSCO, SSO et MOGA) ainsi que 7 workshops et 35 séminaires médicaux. L’objectif était de rassembler et de faire collaborer les chercheurs fondamentaux et les praticiens hospitaliers afin d’accroître les échanges entre ces deux partenaires.

La première session portait sur les nouvelles stratégies pour le traitement des cancers intraitables et récurrents. La première conférence du Professeur Hiroyuki Mano de l’Université de Tokyo a porté sur les microgliomes et plus particulièrement sur le fait que les connaissances sur les altérations génomiques étaient insuffisantes. Ainsi, le Pr. Mano a présenté une étude à partir de 41 patients à partir desquels a été réalisé un séquençage d’exome de leurs tissus tumoraux. Cette étude a permis de mettre en évidence des mutations spécifiques de cette pathologie.

Lors de cette première session, une conférence du Dr Shinya Tanaka (Université de Hokkaido) nous expliqua également les mécanismes de résistance aux inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) dans les glioblastomes. Un modèle utilisant des lignées de glioblastomes possédant les voies EGFR, PDGFR et MET actives a ainsi été présenté. Par la suite, l’équipe a établi trois lignées résistantes aux TKI EGFR, PDGFR et MET. Cela a permis de mettre en évidence le fait que le gène IGFBP-2 est surexprimé dans les trois lignées résistantes aux TKI et a ainsi permis de montrer qu’IGFBP-2 pouvait être une cible thérapeutique pour les glioblastomes en combinaison avec la thérapie aux TKI.

Une autre session s’est ensuite intéressée à la génomique des cancers. Plus particulièrement, la présentation de Maximilian Diehn de l’Université de Stanford portait sur le séquençage de l’ADN tumoral circulant (ctDNA) et plus précisément sur le développement d’une méthode de séquençage appelée Cancer Personalized Profiling by Deep Sequencing (CAPP-Seq). En effet, le ctDNA représente un biomarqueur prometteur pour la détection sensible, spécifique et dynamique du cancer chez le patient. Cet outil permet de réaliser un génotypage de la tumeur et ainsi de suivre les mutations qui sont acquises par celle-ci afin d’adapter le traitement pour le patient, et cela le plus rapidement possible.

La session plénière qui suivit l’assemblée générale de la Japanese Society of Medical Oncology s’est attachée à présenter 3 études cliniques de phase III très encourageantes.

La première était une étude randomisée en double aveugle qui s’est intéressée au carcinome colorectal métastatique. Cette étude était présentée par le Professeur Kentaro Yamazaky du Centre Cancer de Shizuoka. Elle s’est intéressée à évaluer l’efficacité de l’ajout de ramucirumab (RAM) au traitement standard de seconde ligne FOLFIRI. Cette étude a permis de mettre en évidence une amélioration statistiquement significative de la survie globale à ce cancer.

La seconde étude, également randomisée, et présentée par le Professeur Scot W Ebbinghaus des laboratoires Merck, s’est intéressée au mélanome. L’objectif était de comparer l’effet de l’ipilimumab versus le pembrolizumab (deux inhibiteurs de checkpoints immunitaire). Les résultats ont montré une prolongation de la survie globale et de la survie sans progression des mélanomes avec le traitement ipilimumab.

Tout au long de ce congrès furent également présentées des communications affichées. Elles étaient séparées en 3 sessions d’une journée chacune. Au sein de chaque session, elles étaient elles-mêmes regroupées en thématique. Chaque poster était ainsi présenté devant les spécialistes de la thématique pendant 5 minutes, permettant un échange très riche entre cliniciens et chercheurs.

Nicolas Girard

EA4652  Microenvironnement cellulaire et pathologies
Equipe BioConnecT
Université de Caen
Caen, France