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Compte-Rendu de congrès

Compte-rendu du congrès annuel de la Société Française de Biochimie et Biologie Moléculaire

Intitulé cette année ”Les enzymes, du vivant aux biotechnologies” le congrès de la SFBBM s’est tenu à Nancy, du 27 au 29 août 2009.

Le congrès a débuté avec la session concernant les ”Aspects structuraux et dynamiques de la catalyse enzymatique”. Béatrice Golinelli-Pimpaneau (LEBS, Gif-sur-Yvette) y a présenté la glucosamine-6-phosphate synthase, catalyseur de la synthèse de glucosamine-6P à partir de fructose-6P selon un mécanisme bi-bi ordonné, et qui referme deux sites actifs distants de 18 Å. Le transfert de l’ammoniac entre les sites glutaminase et synthase se fait par l’intermédiaire d’un canal. La résolution de différentes structures cristallographiques a permis d’identifier les changements conformationnels de l’enzyme qui ont lieu au cours de la catalyse, et notamment ceux nécessaires à la formation et l’ouverture du canal. Gérald Monard (UMR 7565, Vandoeuvre-lès-Nancy), nous a ensuite présenté ses travaux sur la méthionine sulfoxy réductase de classe A, une enzyme de recyclage de la méthionine oxydée de forme S en méthionine. Des expériences de dynamique moléculaire et quantique ont montré la nécessité de protonation d’un résidu glutamate pour la fixation du substrat et ont permis de définir la séquence des événements chimiques de la catalyse. Enfin, Perrine Lallemand (UMR 5236, Montpellier) a montré le rôle important de la phosphoglycérate kinase dans la phosphorylation d’analogues de nucléosides antiviraux et notamment les formes énantiomériques L. La comparaison des propriétés cinétiques et structurales de la PGK, en présence du substrat naturel (D-ADP) ou de son homologue en configuration L, ont montré que l'étape limitante de la réaction est la libération des produits et que le D-ADP est un meilleur substrat que le L-ADP, car celui-ci est libéré plus rapidement que son homologue de type L.
La seconde session du congrès a été ouverte par Loïc J. Blum (UMR 5246, Lyon) qui nous fait part de nouvelles technologies enzymatiques, toutes à la croisée des nanosciences et de la biocatalyse. Il a présenté, entre autres technologies, de nouvelles techniques de nanolithographie utilisant une pointe de microscope à force atomique fonctionnalisée par une enzyme permettant la modification de la structure d’une surface à l’échelle de la centaine de nanomètres. Ces techniques de nanolithographie ont un grand potentiel d’application dans la création de nanoréacteurs dans l’étape ultime de miniaturisation de biopuces. Pour clore cette session, Jérôme Seguin (CEA, Gif-sur-Yvette) a exposé une nouvelle famille d’enzymes, les synthases de cyclodipeptides, qui forment des liaisons peptidiques et qui sont impliquées dans la biosynthèse des dicétopipérazines. Cette nouvelle famille d’enzymes a été découverte à la suite de la caractérisation de la voie de biosynthèse de l’albonoursine, dicétopipérazine dérivé du cyclo(Phe-Leu), par des études combinées de bioinformatique et de biochimie.
La troisième session a commencé par une conférence plénière présentée par le professeur Peter Leadley de l’Université de Cambridge sur les complexes multienzymatiques impliqués dans la synthèse d’antibiotique.
Olivier Ploux (UMR 7223, Paris) a présenté la caractérisation du cluster de gènes et du système multi-enzymatique impliqués dans la biosynthèse de toxines bactériennes : l’anatoxine-a et l’homoanatoxine-a chez la cyanobactérie Oscillatoria PCC 6506. L’utilisation d’approches génomique et biochimique a permis d’identifier le cluster de gènes et les enzymes consécutives impliquées dans la synthèse de ces toxines.
Arnaud Poterszman (IGBMC, Illkirch) a exposé des travaux sur les complexes multiprotéiques impliqués dans la transcription. Des approches diverses, notamment de microscopie électronique, de RMN et de structure ont conduit à la caractérisation du facteur de transcription/réparation TFIIH composé de 10 sous-unités.
Enfin, Laurence Prunetti (BIP, Marseille) a présenté la caractérisation d’un nouveau supercomplexe membranaire couplant à l’oxydation du sulfure d’hydrogène la réduction de l’oxygène chez la bactérie hyperthermophile Aquifex.aeolicus. Différentes techniques de protéomique, biochimie et physicochimie ont permis de caractériser ce ”respirasome” complet.
Le thème de la quatrième session concernait l’Ingénierie enzymatique et l’évolution dirigée. Frédéric Pâques, de la société Cellectis (Romainville) a présenté l’exemple des méganucléases, enzymes que cette société module à façon afin d’obtenir des endonucléases de grande spécificité contre des séquences prédéterminées. Dans le même contexte d’évolution dirigée, Cédric Montanier (UMR 5504, Toulouse) a parlé de travaux sur l’évolution dirigée de la lipase B de Candida antartica. Par la suite, Charles Tellier (UMR 6204, Nantes) nous a démontré qu’il est possible de créer une nouvelle activité catalytique d’une enzyme en mutant un ou deux résidus en présentant la modification d’une bêta-glycosidase de la famille 1 en N-acétylglucosaminidase. Pour clore cette session, Sébastien Dementin (BIP, Marseille) a traité de l’ingénierie d’hydrogénases pour les rendre moins sensibles au dioxygène, et pouvant être utilisées pour la production de dihydrogène.
Vincent Nivière (Laboratoire UMR 5249, Grenoble) a ouvert la session dévolue aux enzymes associées au stress oxydant. Ces travaux portant sur un nouveau système antioxydant, appelé superoxide reductase (SOR), ont permis la caractérisation du mécanisme catalytique de l’enzyme et la détermination des intermédiaires de ce cycle. Des approches de résonance Raman, de cinétique rapide, de cristallographie et de mutagénèse dirigée ont été présentées. Jean-Pierre Jacquot (UMR 1136, Vandoeuvre-lès-Nancy) a ensuite présenté des études sur l’implication des glutaredoxines dans l’assemblage des centres fer-soufre. Enfin, Sophie Rahuel-Clermont (UMR 7214, Vandoeuvre-lès-Nancy) a exposé le mécanisme catalytique d’une sulfinyl réductase, la sulfirédoxine. La sulfirédoxine, enzyme découverte récemment, a pour fonction de modifier post-traditionnellement des peroxydases à thiol. L’étude enzymologique de cette enzyme a été abordée, ainsi que la caractérisation des espèces intermédiaires de la réaction.
Les deux dernières sessions du Congrès concernaient les enzymes en tant que cibles thérapeutiques. De par leur implication dans de nombreux processus cellulaires, leur dérégulation peut avoir des répercussions dans de nombreuses pathologies et leur ciblage se révéler crucial pour les contrecarrer. Ainsi, Jean-Marie Frère de l’Université de Liège, a ouvert la première session par une introduction sur les nouvelles stratégies qui sont utilisées en clinique pour lutter contre la résistance aux antibiotiques des bactéries Gram (nouvelles molécules capables d’inactiver les bêta-lactamases). Ahmed Bouhss (IBBMC, Orsay) a, dans le même contexte, détaillé des travaux concernant les enzymes Mra Y et WecA, catalyseurs de la première étape de la réaction de synthèse du peptidoglycane. Patrick Chêne de la Société Novartis (Suisse) a présenté l’utilisation de nouvelles cibles enzymatiques, telles que les ATP-ases, qui permettraient de remédier à l’inefficacité ou aux problèmes de résistance rencontrés avec des agents anticancéreux (inhibiteurs de tyrosine kinase, agents interagissant directement avec l’ADN ou des récepteurs cellulaires). De même, la découverte de nouvelles cibles enzymatiques est aussi un enjeu important pour la lutte contre les maladies inflammatoires telles que les inflammations pulmonaires, avec notamment l’analyse de la cathepsine B comme l’a présenté Fabien Lecaille (INSERM U618, Tours). Face aux agents pathogènes, de nouvelles stratégies sont également utilisées en clinique pour lutter contre les maladies virales ou anti-parasitaires. Il en est ainsi des inhibiteurs d’enzymes, telles que la glutathion-réductase, qui est importante pour la survie du parasite Plasmodium falciparum comme nous l’a démontré Elisabeth Davioud-Charvet (Biochemie-Zentrum, Heidelberg). Les enzymes peuvent donc être des cibles thérapeutiques intéressantes.
Enfin, à l’occasion du 150ème anniversaire de la publication de l’Origine des Espèces de Darwin, une table ronde s’est tenue lors de la première soirée de ce congrès. Michel Morange, de l’ENS de Paris, a rappelé les idées de ce naturaliste, sans oublier d’évoquer les oublis et les erreurs maintenant admis. Puis il a exposé l’historique de la théorie de l’évolution qui a subi de nombreuses modifications au cours du temps. Par conséquent, il serait maintenant préférable de ne plus employer le mot de darwinisme lorsque l’on parle de cette théorie. Enfin, alors qu’en 1961 Ernst Mayr avait évoqué la séparation de la biologie fonctionnelle de la biologie de l’évolution, les scientifiques des deux domaines sont en train de se rapprocher. Cela pourra, entre autres, permettre de prendre en compte ce scénario pour la formation des structures moléculaires complexes et ainsi de contrer plus fortement les idées de l’Intelligent Design”.
Cindy Castelle
castelle@ibsm.cnrs-mrs.fr

Amandine Guelorget
amandine.guelorget@lebs.cnrs-gif.fr

Perrine Lallemand
perrine.lallemand@univ-montp1.fr

Gaëlle Lenglet
gaelle.lenglet@inserm.fr

Laurence Prunetti
lprunetti@ibsm.cnrs-mrs.fr





Emilie Queffelou
emilie.queffeulou@utc.fr


Informations Complémentaires :
Du : 27/08/2009 au 29/08/2009
Lieu : Nancy - France
Organisateurs : SFBBM
Lien document : - non disponible -
Auteur : Cindy Castelle, Laurence Prunetti, Cedric Romilly (via Maria Foka)




Compte-rendu du 36ème Forum des Jeunes Chercheurs de la Société Française de Biochimie et Biologie Moléculaire

C’est à Nancy que s’est déroulé, du 25 au 27 août 2009, le 36ème Forum des Jeunes Chercheurs de la Société Française de Biochimie et Biologie Moléculaire. La rencontre portait cette année sur « les interactions biologiques, de la molécule à la cellule » .

Après l’ouverture du forum par les organisateurs, Didier Marguet (Centre d’immunologie de Marseille Luminy, CNRS INSERM Aix-Marseille Université ) a ouvert la première session de ce forum intitulée «étude des interactions biomoléculaires : outils, technologies, applications». Il nous a présenté la dynamique d’organisation de la membrane plasmique en commençant par un constat simple : un même récepteur recevant un même signal peut provoquer des réponses cellulaires différentes. Ces constatations posent la question du rôle de l’organisation de la membrane plasmique dans la régulation des signaux. Didier Marguet a expliqué qu’à l’aide de la spectroscopie de corrélation de fluorescence (FCS), une technique étudiant les fluctuations du signal d’une molécule, il a pu être montré que certaines molécules membranaires (protéines, lipides) pouvaient subir soit une diffusion simple soit une partition dynamique. Dans ce dernier cas, les molécules peuvent être séquestrées dans des domaines membranaires de type rafts ou liées au maillage du cytosquelette. De plus, une même protéine peut présenter une alternance entre zones de confinements et diffusion simple. Enfin, le rôle de ces zones de confinement dans la signalisation intracellulaire a été abordé. Après cette conférence plénière, ont suivi différentes communications traitant de sujets divers tels que l’interaction entre aptamères, des structures oligonucléotidiques, et des marqueurs de surface cellulaire par Agnès Cibiel (Equipe ANTARTIC, CEA, Inserm U803, Orsay), l’organisation des sRNP étudiée par dichroïsme circulaire et fluorescence par Magalie Blaud (Laboratoire ARN, RNP, Structure-fonction-maturation, Enzymologie Moléculaire et Structurale, UMR CNRS 7214, UHP Nancy I), l’étude du domaine extracellulaire de la porphyrine par Elodie Desuzinges (Laboratoire des Protéines de Résistance aux Agents Chimiothérapeutiques, IBCP, Lyon), ou encore le mécanisme de recyclage de la protéine PilB par Laure Selme-Roussel (Laboratoire ARN, RNP, Structure-fonction-maturation, Enzymologie Moléculaire et Structurale, UMR CNRS 7214, UHP Nancy I).

La deuxième session, concernant les «Interactions Biologiques, de la Molécule à la Cellule», a débuté par une enthousiaste et intéressante conférence plénière de Pierre Thuriaux (CEA, IbiTec-S, CEA-Saclay, Gif du Yvette) sur les ARN polymérases et leur évolution. Ces enzymes, intervenant dans la transcription des gènes, sont de complexes machineries multi-sous-unitaires dont la structure globale est conservée dans tous les organismes cellulaires. Toutefois, il en existe deux formes, l’une retrouvée pour la transcription bactérienne et chloroplastique, et l’autre chez les archées, les eucaryotes et les virus à ADN. Les deux systèmes se distinguent principalement par le mode d’adressage aux promoteurs, ces séquences spécifiant le lieu de l’initiation de la transcription et permettant de la moduler. Dans le premier groupe, l’association est convoyée par un facteur de type sigma, et, dans le second, par la formation préalable d’un assemblage multi-composant de protéines de recrutement (dont TBP, ou TATA Box binding protein). D’autres ARN polymérases très divergentes existent également dans d’autres organismes (Baculovirus, etc..). La présentation a principalement mis l’accent sur une seconde distinction non moins importante, concernant la nature des facteurs de clivage impliqués dans la réorganisation des transcrits néosynthétisés lorsque la machinerie de transcription est bloquée (GreA et B chez les bactéries et TFIIS chez les archées, les eucaryotes et les virus). Ils interviennent dans la processivité des polymérases lors de la transcription. Le rôle biologique de TFIIS, longtemps considéré comme mineur, semble correspondre à une fonction de réorganisation du site actif de l’ARN polymérase eucaryote. Afin de discuter cette fois de régulation de la transcription dans le cadre de l’inactivation du chromosome X chez les mammifères femelles, Anne Savoye (AREMS, UMR 7214, CNRS-UHP Nany I, Faculté des Sciences et Techniques, Vandoeuvre-lès-Nancy) a présenté le rôle de l’ARN non-codant Xist, dont l’accumulation sur l’un des deux chromosomes X en détermine l’inactivation spécifique. La présentation de Rana Abdel-Samad (Développement et Physiopathologie des epithelia, Institut de Génomique Fonctionnelle, CNRS UMR 5203, INSERM U661, Montpellier) a permis de passer à l’aspect de la maturation post-transcriptionnelle des transcrits, en prenant comme exemple la mise en évidence de l’existence d’un variant d’épissage de la protéine SOX9 (jouant un rôle pro-apoptotique et/ou antiprolifératif dans les cellules tumorales du colon), appelé miniSOX9 dans les cellules tumorales coliques.

La deuxième journée du Forum des Jeunes Chercheurs a commencé par une session sur les maladies neurodégénératives. Nicolas Sergeant (Centre Jean-Pierre Aubert, INSERM U837, Université Lille Nord de France) a introduit cette troisième session en nous présentant les mécanismes moléculaires de la dégénérescence neurofibrillaire dans la maladie d’Alzeimer et les Tauopathies. Après avoir resitué la maladie d’Alzeimer par rapport aux autres maladies neurodégénératives, Nicolas Sergeant a décrit les deux principales lésions rencontrées dans cette maladie. Premièrement, la pathologie amyloïde résulte de l’agrégation de peptides appelés Aβ issus de la protéolyse de l’APP. Ce type de lésion a d’ailleurs conduit à l’élaboration d’un vaccin dirigé contre l’Aβ42, vaccin à l’heure actuelle en cours d’étude mais qui semble prometteur. Deuxièmement, la dégénérescence neurofibrillaire est caractérisée par la forme en flamèche des neurones. Cette lésion semble principalement due à une modification de la protéine Tau qui, d’une part peut subir un épissage alternatif et, d’autre part, être hyper- ou anormalement phosphorylée. La protéine Tau étant fortement impliquée dans le maintien des microtubules et le transport qui leur est associé, ses altérations empêchent le bon fonctionnement des neurones. Pour conclure, Nicolas Sergeant a mis l’accent sur le fait qu’il n’a pas encore été déterminé si ces lésions étaient la cause ou la conséquence de la maladie. Cette conférence a été complétée par diverses communications dont celle de Damien Loubet (Laboratoire Cellules Souches, Signalisation et Prions, INSERM U747, Paris) qui a identifié le TNF-α comme un nouvel acteur de la signalisation associée à la protéine Prion cellulaire (PrPc). En effet la PrPc est capable d’induire la sécrétion de TNF-α dans les neurones bioaminergiques via les espèces réactives de l’oxygène contrôlant ainsi le catabolisme des neuromédiateurs. Ensuite, Laziza Amniai (UGSF, UMR CNRS 8576, Lille) nous a démontré l’utilité de la Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) dans la caractérisation de la phosphorylation de la protéine Tau. Enfin Alexandra Huttin (AREMS, UMR CNRS 7214, Nancy) a conclu cette session par l’étude du rôle du complexe SMN dans l’assemblage des snoRNP et de la télomérase.

Sebastien Pfeffer (Architecture et Réactivité de l’ARN, UPR 9002 Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire, Strasbourg) a ouvert la quatrième session miRNA/siRNA par une conférence captivante intitulée : Virus, microARN et interférence par l’ARN. Les miRNA sont de petits ARN non-codant endogènes qui régulent l’expression de nombreux gènes au niveau post-transcriptionnel en ciblant des ARNm. Chez les plantes et les insectes, les miRNA jouent un rôle important dans les mécanismes antiviraux. Néanmoins, chez les mammifères, l’implication des miRNA dans la défense antivirale n’est pas aussi évidente. Ils jouent un rôle important dans le développement, car une mutation de Dicer dans des souris est létale dès le stade embryonnaire. On estime à l’heure actuelle que 30% des gènes chez l’homme sont régulés par des miRNA. De manière surprenante, des miRNA sont codés par le génome de certains Herpès virus. En codant leurs propres miRNA, ils sont capables de détourner la machinerie du «RNA silencing» de l’hôte et de modifier par conséquent la régulation de l’expression des gènes chez ce dernier. Par exemple, grâce aux miRNA viraux, l’expression de la caspase3 est diminuée deux fois. Or cette dernière joue un rôle dans l’induction de l’apoptose. Les miRNA viraux permettraient donc de retarder l’apoptose, laissant ainsi plus de temps pour la formation de nouveaux virus. Chez un autre membre de la famille des Herpes virus, MCMV, le miRNA mir27 de l’hôte est dérégulé dans plusieurs types cellulaire chez la souris. Ce dernier a un effet antiviral lorsqu’il est exprimé. Frédéric Cailotto (PPiA UMR 7561, Nancy) et Gwenn Perrot (CNRS UMR 6237 MEDyC, Reims) ont présenté des résultats liés à l’utilisation de siRNA. Ces derniers cibleront des ARNm de la même manière que les miRNA. Frédéric Cailotto a utilisé un siRNA ciblant l’ARNm codant pour le transporteur Ank dans les chondrocytes articulaires. Il a ainsi montré que Ank, en exportant le pyrophosphate inorganique, empêche l’activation de la voie canonique des wnt et maintient ainsi le phénotype du chondrocyte articulaire. Gwenn Perrot étudie le récepteur LRP-1. La fonction de ce dernier est l’endocytose mais il joue aussi un rôle dans l’invasion des tumeurs au niveau de l’adhésion à la matrice extracellulaire. L’utilisation de siRNA contre LRP-1, ainsi que des expériences de fluorescence, montrent que CD44 et LRP-1 forme un complexe au niveau de la membrane plasmique. LRP-1 contrôle le protéome membranaire et serait capable d’endocyter CD44.

Andrew Griffiths (ISIS/Université de Strasbourg - CNRS UMR 7006 ISIS Strasbourg) a ouvert la cinquième session sur les nanotechnologies avec une présentation captivante et très pédagogique portant sur l’utilisation de la microfluidique et l’évolution dirigée in vitro. Le principe de cette technologie utilise l’émulsion pour créer et manipuler des micro-gouttes homogènes et monodispersées. De nombreux éléments d’une puce microfluidique ont été mis au point permettant, par exemple, de fusionner des gouttes, incuber divers temps ou de faire des tests de fluorescence permettant ainsi le criblage à haut débit de molécules ayant des propriétés particulières (aptamères, drug design). L’utilisation de puces microfluidiques marque le début du «lab-on-a-chip». Gladys Matar (Institut de Chimie et Biochimie Moléculaire et Supramoléculaire - UMR CNRS 5246-lyon) a montré l’implication d’une protéine transmembranaire, gp41, dans la fusion du virus du SIDA avec la membrane plasmique de la cellule hôte. La technique originale utilisée est la génération de seconde harmonique sur des systèmes biométriques à l’interface air-eau. Housam Eidi (Pharmacie Galénique- Fac. de Pharmacie, Nancy) a ensuite présenté un exposé sur l’utilisation de nanoparticules colloïdales comme vecteur de médicament. L’étude de différentes méthodes de préparation de ces nanoparticules polymériques a permis de contrôler leur cytotoxicité. Enfin, Phong Lan Thao Tran (Régulation et Dynamique des Génomes, Laboratoire de Biophysique, Paris) a présenté son travail sur les quadruplex d’acides nucléiques. Ces structures d’acides nucléiques à quatre brins reposent sur la formation de quartets de guanine. On en retrouve notamment au niveau des télomères dont l’étude a été récompensée cette année par le prix Nobel de médecine.

Le professeur Walter Wahli (Centre de la Génomique Intégrative, Lausanne, Suisse) a ouvert le bal de la sixième session portant sur la «signalisation cellulaire» avec une conférence sur les fonctions très variées exercées par les PPARS (Peroxisome Proliferator-Activated Receptors). Il s'agit d'une famille de récepteurs nucléaires facteurs de transcription qui contient 3 isotypes (PPAR α, β et γ) dont l'activité est contrôlée par les acides gras et leurs dérivés. La conférence a principalement porté sur les rôles de PPARα et PPARβ. PPARα, qui est surtout exprimé dans le foie et les muscles squelettiques, a d'abord été étudié pour son rôle dans le catabolisme des acides gras. Il s'avère qu'il est aussi impliqué dans le dimorphisme sexuel et l'inflammation en contrôlant l'expression des enzymes de synthèse stéroïdiennes. Ainsi, en modulant l'expression de Cyp7b1, PPAR α pourrait protéger contre l'hépatotoxicité liée aux estrogènes. PPARβ est ubiquitaire. Sa déplétion dans le pancréas se traduit par une hyperinsulémie due à une augmentation du nombre de cellules β du pancréas et une sécrétion accrue d'insuline. Dans les blessures de l'épiderme, PPARβ protège les kératinocytes de la mort cellulaire et contrôle leur migration. L'interleukine-1 produite par les kératinocytes active l'expression de PPARβ dans les fibroblastes sous-jacents, ce qui réprime l'activité mitotique des kératinocytes. Ainsi PPARβ serait un acteur clef du contrôle homéostasique de la prolifération et de la différenciation des kératinocytes. Hélène Dubois-Pot (Laboratoire de Cancérologie, IGBMC, Illkirch) a ensuite évoqué le rôle du facteur de transcription NET au cours de l'hypoxie. Ce dernier est dégradé lors de l'hypoxie, contrairement à HIF-1α. Par une étude transcriptomique à grande échelle, cette étude montre qu'une grande partie des gènes induits lors de l'hypoxie nécessitent à la fois NET et HIF-1α pour leur expression. De plus, NET contrôle l'expression de plusieurs gènes connus pour influer sur la stabilité de HIF-1α en hypoxie. Hamid Morjani (MEDyC, UMR CNRS 6237, Reims), a permis d'apporter quelques éclaircissements sur le mécanisme d'action de deux médicaments utilisés en chimiothérapie, la doxorubicine et la camptothécine. Ces deux médicaments, outre l'activation de la synthèse de novo des céramides, inhibent la synthèse et la sécrétion de la thrombospondine-1, un composant de la matrice extra-cellulaire, via l'activation de voie JNK et le facteur de transcription ATF-2. La thrombospondine-1, en interagissant avec le récepteur CD47, protège les cellules cancéreuses contre l'apoptose. Erika Cosset (Laboratoire de Biophotonique et de Pharmacologie, UMR CNRS 7200, Strasbourg) a présenté une nouvelle stratégie thérapeutique pour les traitements des glioblastomes, basée sur l'inhibition concomittante de la voie TGFβ/Smad et de l'intégrine α5β1. La modulation de l'expression de la cavéoline1 conditionne l'agressivité des glioblastomes. La diminution d'expression de la cavéoline1 induit la surexpression de l'intégrine α5β1 et l'activation de la voie TGFβ/Smad, via des voies de signalisation indépendantes. La sensibilité des cellules, sous-exprimant la cavéoline-1, à un antagoniste de α5β1 et à un inhibiteur de la voie TGFβ/Smad montre un effet additif des deux composés sur la clonogénicité de ces cellules.

Dans le cadre de la remise des prix Maurice Nicloux et Dina Surdin de la SFBBM, Giulia Chinetti et Mikael Elias ont été respectivement invités à présenter un résumé des travaux qui leur ont valu la reconnaissance du jury de la SFBBM.
Giulia Chinetti a présenté son travail sur le rôle du facteur PPARγ dans la modulation du processus de différenciation des monocytes en macrophages de type M2 – un type de macrophage qui présente des propriétés anti-inflammatoires, de promotion de l’angiogenèse ou de réparation des tissus endommagés, et qui sécrètent des cytokines pro-inflammatoires du type IL-10 ou TGF-β – et leur rôle potentiel dans la pathologie de l’athéroscérose.
Mikael Elias a marqué les esprits par son exposé aussi riche que pédagogique, destiné à montrer l’importance de la sérendipité en sciences. Son travail sur SsoPox de Sulfolobus solfataricus et la PfluDING de Pseudomonas fluorescens lui ont donné l’occasion de démontrer que la recherche passe par de nombreux et sinueux chemins, qui apportent finalement des réponses parfois extrêmement inattendues et pourtant riches d’enseignements.

Cédric ROMILLY Architecture et Réactivité de l’ARN, UPR 9002, IBMC - Strasbourg
Frédéric FISCHER Architecture et Réactivité de l’ARN, UPR 9002, IBMC - Strasbourg
Gwenn PERROT MEDyC, CNRS UMR 6237, Reims
Damien LOUBET Laboratoire Cellules Souches, Signalisation et Prions, INSERM U747, Paris
Laurent GIORGI Laboratoire de Biochimie, CNRS, Ecole Polytechnique

Informations Complémentaires :
Du : 25/08/2009 au 27/08/2009
Lieu : Nancy - France
Organisateurs : SFBBM
Lien document : - non disponible -
Auteur : F. FISCHER, L. GIORGI, D.LOUBET, G. PERROT (via Maria Foka)




Compte-Rendu de la 20ème Assemblée Générale de l’ IUBMB Shanghai, 7 août 2009



L’Assemblée Générale a débuté à 14 :30 par un message de bienvenue du Président de
l’ IUBMB, Angelo Azzi, à tous les participants, à savoir 60 Délégués représentant 38 pays,
3 Observateurs des Organisations Régionales (FAOBMB, FASBMB, FEBS), et 7 membres du Comité Executif de l’ IUBMB. Les Délégués de la France étaient Anne Ephrussi (EMBL) et Brigitte Gicquel (Institut Pasteur).


Le Professeur Reiko Kuroda, Vice-Présidente de l’ ICSU pour les Relations Exterieures, a adressé un message à l’Assemblée Générale.


Rapport du Président (Angelo Azzi) :

Il a mentionné les points suivants :

Création de IUBMB Inc. aux USA, ayant le statut de « Charity » afin de recevoir des dons.

Les archives de l’ IUBMB, stockées à Colchester, UK, ont été scannées pour être accessibles sur le site web dans une section protégée par un mot de passe.

Un « Honorary Advisory Board » a été crée, comprenant Aaron Ciechanover, Edmund Fischer, Hans Kornberg, Jean-Marie Lehn, Michael Sela, Edward Slater, Timothy Hunt, Francis Vella, Herbert Weissbach, William Whelan et Kurt Wüthrich.

En 2008 la Conférence de l’ IUBMB a eu lieu à Athènes, Grece, conjointement avec le Congrès de la FEBS. En 2009, l’ IUBMB a organisé :
1) en avril, un « Special Meeting » à Marrakech, Maroc, sur la Résistance des Plantes aux Stress Biotiques et Abiotiques, conjointement avec la FASBMB, et la Société Espagnole de Biochimie et Biologie Moléculaire.
2) En août, un congrès à Shanghai, conjointement avec la FA0BMB


Rapport du Secrétaire Général (J.H.Weil) :

Il n’a rien ajouté à son rapport écrit.


Rapport du Trésorier (J.J. de Pont) :

En l’absence du Trésorier, ce rapport a été présenté par le Président qui n’a rien ajouté au rapport écrit.
Pour le « triennium » 2006-2008, les recettes ont été de 1.654.563 US $, et les dépenses de 1.224.051 US $.


Rapport des membres du Comité executif :

-Congrès et Conférences (Knut-Jan Andersen)
-Education : (Susan Hamilton)
-Publications (Willy Stalmans)
-Symposia (Iqbal Parker)
-Wood-Whelan Research Fellowships (Jacques-Henry Weil)

Il n’ a rien été ajouté aux rapports écrits.


Rapport de l’ Organisateur du « Young Scientist Program » (Jin Qiu Zhou)

Ce programme (YSP), financé par l’ IUBMB, la FEBS et la « National Natural Science Foundation of China », a permis à 120 jeunes scientifiques du monde entier, sélectionnés parmi 359 demandeurs, de participer grâce à une bourse à une réunion de 2 jours avant le Congrès de Shanghai (où ils ont pu présenter leurs travaux sous forme de poster ou de communication orale) et au Congrès proprement dit.
L’excellente qualité de ce programme a été soulignée.


Modifications des Statuts

De légères modifications des Statuts ont été adoptées.


Demande de changement du statut de membre associé à membre

La demande de la Société Marocaine de Biochimie et Biologie Moléculaire (SMBBM) de passer de « Associate Adhering Body » à « Adhering Body » a été acceptée.


Changements de membres aux Pays-Bas et en Autriche

C’est dorénavant la Société Néerlandaise de Biochimie et Biologie Moléculaire qui sera l’ « Adhering Body » pour les Pays-Bas, et non plus l’ Académie Royale Néerlandaise des Arts et Sciences (changement accepté)

Le statut de membre (« Adhering Body ») a été accordé à l’ Association Autrichienne des Sciences de la Vie Moléculaires et de Biotechnologie, qui résulte de la fusion de 3 Sociétés : la Société Autrichienne de Biochimie et Biologie Moléculaire, la Société Autrichienne de Génétique et de Technologie des Gènes, et la Société Autrichienne de Biotechnologie (lesquelles ont été dissoutes fin février 2009).


Demandes d’ adhésion

La demande d’ adhésion de la « National Science Foundation of Sri Lanka » en tant que « Associate Adhering Body » a été acceptée.

La demande d’ adhésion de la « Korean Biogical Society of the Democratic Perople’s Republic of Korea » en tant que « Associate Adhering Body » a été discutée, et il a été decidé de demander des informations complémentaires à cette Société.

Elections au Comité Executif

L’Assemblée Générale a suivi les nominations faites par le « Nominating Committee » et a élu (il y avait 51 votants) :

-Gregory Petsko (USA) au poste de « President Elect », avec entrée en fonction immédiate (36 voix)
-Efstathios (Stathis) Gonos (Grèce) en tant que membre chargé des Congrès et Conférences, avec entrée en fonction immédiate (44 voix)
-Michael Walsh au poste de Secrétaire Général, avec entrée en fonction le 1/1/2010 (47 voix)


Elections au « Nominating Committee »

Ces élections ont donné les résultats suivants :

-Miguel de la Rosa (Espagne) 39 voix
-Denis Crane (Australie) 34
-Naihe Jing (Chine) 27
-Stephanie Burton (Afrique du Sud) 24
-Anne Ephrussi (France) 22
-Alberto Kornblihtt (Argentine) 19
-Joel Weiner (Canada) 19
-Ivo Fribort (Rep.Tchèque) 17
-Alexander Gabibov (Russie) 17

Les 5 premiers seront membres du « Nominating Committee » (avec le Président de l’ IUBMB et un autre membre du Comité Executif), les autres seront appelés comme remplaçants si nécéssaire.

Miguel de la Rosa ayant obtenu le plus grand nombre de voix, il sera Président de ce Comité.

Election des auditeurs

Naihe Jing (Chine) et Glaucius Oliva (Brésil) ont été élus.

Date de la prochaine Assemblée Générale

Il a été proposé qu’elle ait lieu à Séville l’après-midi du 9 septembre 2012, juste après le Congrès conjoint de l’ IUBMB et de la FEBS.

L’Assemblée Générale s‘est terminée à 18 :30.


Informations sur la prochaine Conférence de l’IUBMB/FAOBMB

Elle aura lieu à Melbourne, Australie, du 26 septembre au 1er octobre 2010. Les dates limites (inscriptions, abstracts) seront annoncées sur le site web de la Conférence.

Elle sera précédée d’un YSF (Young Scientist Forum) du 23 au 26 septembre 2010.
Pour ce YSF des bourses seront attribuées, qui couvriront les frais d’inscription à la Conférence, les frais de séjour au YSF et à la Conférence, la totalité ou la plus grande partie des frais de voyage,
Ces bourses seront annoncées sur le site web de la Conférence, avec les documents à fournir et la date limite (sans doute avant le 1er février 2010), et les réponses parviendront aux candidats à temps pour qu’ils puissent, en cas de réponse négative, s’inscrire au tarif « précoce » (Early-registration).

Prof Jacques-Henry Weil
Institut de Botanique (IBMP)
28 Rue Goethe
67083 Strasbourg, France

Informations Complémentaires :
Du : 07/08/2009 au 07/08/2009
Lieu : Shanghai - Chine
Organisateurs : IUBMB
Lien document : - non disponible -
Auteur : Prof Jacques-Henry Weil (via Maria Foka)




Compte-Rendu de la 49ème réunion du Conseil de la FEBS Prague, 9 et 10 juillet 2009

La réunion, présidée par Andreas Hartig (Autriche), a débuté le 9/7 à 14 :30 par un message de bienvenue du Secrétaire Général, qui a ensuite donné la liste des Délégués présents. La SFBBM était représentée par Jacques-Henry Weil. Un incident a eu lieu, causé par les protestations de la représentante de Chypre, à qui le droit de vote a été refusé, car Chypre n’était pas à jour de ses cotisations.

Le statut de membre de la FEBS a été accordé à l’ Association Autrichienne des Sciences de la Vie Moléculaires et de Biotechnologie, qui résulte de la fusion de 3 Sociétés : la Société Autrichienne de Biochimie et Biologie Moléculaire, la Société Autrichienne de Génétique et de Technologie des Gènes, et la Société Autrichienne de Biotechnologie (lesquelles ont été dissoutes fin février 2009).

L’ordre du jour de la réunion du Conseil a été adopté, ainsi que le procès-verbal de la 48ème réunion du Conseil qui a eu lieu à Athènes en 2008.

Le Conseil a procédé aux élections aux postes vacants :

-Secrétaire Général : Israel Pecht (Israel), dont le 1er mandat de 3 ans se termine le 31/12/2010, a été ré-élu pour 3 ans (2011-2013)
-Comité des Publications : 2 membres ont été élus : Manuel Prieto (Portugal) et Athel Cornish-Bowden (France)
-Comité des Cours Avancés : 1 membre a été élu : Efstathios Gonos (Grèce)
-Comité des Bourses : 1 membre a été élu : Michaela Wimerova (Rep. Tcheque)
-Comité Science et Société : 2 membres ont été élus : Jacques-Henry Weil (France) et Marta Agostinho (Portugal)
-Président du Comité Education : Gül Güner (Turquie), qui assurait l’interim depuis le décès de Ed Wood, a été élue
-Groupe de Travail pour les Affaires d’Europe Centrale et Orientale (WOGCEE) : 4 membres ont été élus : Jolanta Baranska (Pologne), Tatiana Borisova ( Ukraine), Jerka Dumic Belamaric (Croatie) et Varduki Knaryan (Arménie)

Rapport du Président du Comité Publications (F. Goni) :

-Le revenu global de FEBS Lett. Et FEBS J. est resté à peu près constant. Le nouveau journal, Molecular Oncology, a bien démarré et devrait bientôt générer un revenu.

-Febs Lett. maintient sa bonne réputation, malgré une baisse du nombre de manuscrits soumis. Son facteur d’impact n’ a pas changé depuis un an, alors que celui de la plupart des autres revues a baissé (3,26 en 2007).
-FEBS J. se porte bien, malgré le changement de nom (c’était l’ European Journal of Biochemistry) et la fusion de Blackwell avec John Wiley and Sons, changements intervenus tous deux ces 3 dernières années. Le nombre de manuscrits soumis augmente régulièrement (une exception parmi les journaux de Biochimie) et si le facteur d’impact a baissé, il reste supérieur à celui d’il y a 2 ans (3,39 en 2007).
-Molecular Oncology : Ce nouveau journal a été bien accueilli par la communauté scientifique, et le fait qu ‘il ait été accepté par ISI (Thompson-Reuters) et Medline si rapidement est un bon signe, car c’est un évenement exceptionnel si peu de temps après son lancement. Son facteur d’impact sera connu pour la 1ère fois l’an prochain.
-FEBS Awards : Les prix sont allés cette année à Simon Gunning, Australia (FEBS J.) et à Frank Sargent, UK (FEBS Lett.) dont les recherches ont été exposées lors d’une conférence au Congrès de Prague.


-Promotion de la FEBS en Chine : En 2008 une délégation de la FEBS a visité Beijing et Shanghai et rencontré un certain nombre de collègues chinois sélectionnés. Cinq scientifiques chinois ont été ajoutés aux coités d’édition des journaux de la FEBS. Le nombre de manuscrits soumis par des Chinois à FEBS Lett. a augmenté de façon spectaculaire. Au mois d’août 2009, à l’occasion du Congrès de l’ IUBMB à Shanghai, une nouvelle action de promotion de la FEBS aura lieu, pour promouvoir non seulement les publications, mais aussi les Cours Avancés.

-« Open Access » : Ce système, qui permet aux résultats de recherche d’être disponibles au public immédiatement après leur publication (pour que les contribuables aient accès aux résultats obtenus grâce à leurs impots), est difficile à défendre en raison des frais d’évaluation et d’édition (non couverts par les faibles frais actuellement facturés) et il est préjudiciable aux journaux publiés par les sociétés savantes, tels les journaux de la FEBS.

-Des rapports détaillés , comportant notamment des statistiques, ont été présentés pour FEBS Lett. (par F.Wieland), FEBS J. (par I. Perham) et Molecular Oncology (par J.Celis).


Rapport du Trésorier (Iain Mowbray) :

Les finances de la FEBS sont saines, avec des recettes de 5.326.324 Euros (dont 4.403.653 proviennent des 2 journaux, FEBS Lett. et FEBS J.) et des dépenses de 3.775.133 Euros, ce qui laisse un excédent de 1.5551.191 Euros. Des détails sur les dépenses ont été fournis lors de la description des activités de la FEBS (voir ci-dessous).

Le montant des bourses pour le Congrès de Gôteborg (2010) a été porté de 50.000 à 150.000 Euros.


Rapport du Secrétaire Général (Israel Pecht) :

Ce rapport a porté sur les travaux du Groupe de Travail sur la « Gouvernance » de la FEBS et les nouveaux Statuts.

Le Secrétaire Général a proposé de renouveler les mandats d’ « Ambassadeur de Bonne Volonté » de Frederico Mayor et de Julio Celis.


Rapport du Président du Comité des Cours Avancés (Karl Kuchler) :

14 Cours (dont 1 à Paris), 1 workshop, et 2 Special Meetings ont été organisés en 2008, pour un coût total de 858.166 Euros (y compris les bourses du Youth Travel Fund).


Rapport du Président du Comité des Bourse (Maciej Nalecz) :

Ont été attribuées en 2008 :

-29 bourses de courte durée (dont 3 à des Français, et 4 pour venir en France), pour un coût total de 150.712 Euros
-63 bourses de longue durée (dont 10 à des Français, et 7 pour venir en France), pour un coût total de 1.788.051 Euros
-9 « Summer fellowships » (31.500 Euros)
-21 « Collaborative Experimental Scholarships » (95.769 Euros).

Le montant total des dépenses de ce Comité en 2008 a été de 2.096.591 Euros


Rapport du Président du Comité « Science et Société » (Georgio Semenza) :

Les dépenses de ce Comité en 2008 ont été de 3.652 Euros, y compris le Symposium organisé au Congrès de Prague sur le thème « Ethique et législation concernant les recherches sur les cellules souches »


Rapport du Président du Comité « Education » (Gül Güner) :

Les dépenses de ce Comité en 2008 ont été de 5.440 Euros, y compris le Symposium organisé au Congrès de Prague sur le thème « Ethics Education ».


Rapport du Conseiller pour les Congrès (Adam Szewczyk) :

Il a exposé l’avancement des projets concernant l’organisation des prochains Congrès de la FEBS, à savoir Göteborg en 2010, Turin en 2011, et Séville en 2012 (couplé avec le Congrès de l’ IUBMB).


Rapport du Président du Goupe de Travail « Women in Science » (Ruth Paulsen) :

Le « FEBS/EMBO Award « Women in Science » a été attribué en 2009 à Anne Houdusse (Institut Curie, Paris) qui a présenté ses recherches au Congrès de Prague (il y avait 29 candidates).
Un lunch a été organisé à Prague sur le thème « Carrières des Femmes ».
Un Symposium FEBS/EMBO a été organisé à Prague sur le thème « Pourquoi n’y a-t-il pas plus de femmes en sciences ? »


Rapport du Président du Goupe de Travail « Carrières des Jeunes Scientifiques » (Daniela Corda) :

Une session a été organisée à Prague sur ce thème, comportant des exposés et des discussions.


Rapport du Président du Goupe de Travail sur l’Europe Centrale et Orientale- WOGCEE (Mathias Sprinzl) :

Il a présenté les activités de ce groupe de travail, notamment les contacts pris avec les Sociétés concernées, une visite effectuée en Slovaquie en Octobre 2008, et les projets du Groupe pour l’avenir.


Rapport du Président du Programme de recyclage des appareils scientifiques (Karel Wirtz) :

Il a donné la liste des équipements récupérés, remis en état et disponibles, qui sont stockés à Utrecht



La réunion s’est terminée le 10/7/2009 à 14 :00


Informations sur le prochain Congrès de la FEBS à Göteborg, Suède, du 26 juin au 2 juillet 2010 :

35th FEBS Congress "Molecules of life", organisé conjointement par la « Swedish Society for Biochemistry and Molecular Biology » et la « Norwegian Biochemical Society»

Dates importantes:
Inscriptions précoces (Early-registration deadline) : avant le 26 février 2010
Date limite pour les « Abstracts » : 31 mars 2010

Young Scientist Forum (YSF) : 23-26 juin 2010:
Pour ce YSF des bourses seront attribuées, qui couvriront les frais d’inscription au Congrès, les frais de séjour au YSF et au Congrès, la totalité ou la plus grande partie des frais de voyage,
Ces bourses seront annoncées sur le site web du Congrès (avec les documents à fournir et la date limite) et les réponses parviendront aux candidats à temps pour qu’ils puissent, en cas de réponse négative, demander une « bursary (voir ci-dessous) et s’inscrire au tarif « précoce » (Early-registration).

La FEBS attribue dorénavant un montant total aux organisateurs du Congrès, pour qu’ils puissent le distribuer à certains participants sous forme de « bursaries » comme ils le souhaitent (p.ex. 500 euros par personne).

Prof Jacques-Henry Weil
Institut de Botanique (IBMP)
28 Rue Goethe
67083 Strasbourg, France


Informations Complémentaires :
Du : 09/07/2009 au 10/07/2009
Lieu : Prague - République Tchèque
Organisateurs : FEBS
Lien document : http://www.febs.org/
Auteur : Prof Jacques-Henry Weil (via Maria Foka)




34ème Congrès de la FEBS 4 - 9 juillet 2009, Prague (République Tchèque)

Avec près de 2100 participants, 1464 posters et 239 conférencier(e)s et président(e)s de séances, le congrès FEBS 2009 n’a pas dérogé à la coutume d’un congrès exceptionnel permettant d’embrasser un large spectre d’avancées scientifiques dans les domaines de la biochimie et de la biologie moléculaire.
Pendant une semaine, tout le règne du vivant a été décrit et discuté, depuis les méandres du noyau cellulaire jusqu’aux cascades signalétiques, en passant par la vie sociale des microorganismes.

1) La vie sociale des levures
Justement, saviez-vous que la vie sociale des levures était fort intéressante pour qui veut comprendre la sélection parentèle ?
La sélection parentèle est une théorie développée depuis 1964 (suite aux travaux d’Hamilton), cherchant à concilier comportement altruiste et sélection naturelle : comment des comportements de coopération peuvent-ils persister dans le temps, alors qu’ils sont très désavantageux pour l’individu coopérant (ex. les ouvrières stériles chez les abeilles) ?

L’altruisme, génétiquement déterminé ?
La théorie de la sélection parentèle suppose qu’il existe des gènes green-beard (littéralement barbe verte) à l’origine de trois effets-en-un : un caractère phénotypique distinctif, une reconnaissance de ce caractère par les individus, et un traitement préférentiel pour les porteurs du caractère. S’en est suivie une chasse aux gènes green-beard, dont le dernier né, FLO1, a été découvert chez la levure Saccharomyces cerevisiae par l’équipe de K.J. Verstrepen.

FLO1 code pour une protéine d’adhésion insérée dans la paroi des levures et qui permet à des cellules de levures isolées de s’agglutiner (c’est la floculation, très recherchée dans l’industrie de la bière) en une masse comportant plusieurs milliers d’individus. Les individus se retrouvant au centre du floculat sont ainsi protégés de stress environnementaux aux dépens des cellules en périphérie qui se ”sacrifient”. De façon très intéressante, les levures utilisent le même gène, FLO1, pour reconnaître les congénères FLO1 + et ainsi détecter les ”tricheurs” qui voudraient profiter des bénéfices du groupe sans participer au coût social. De plus, la présence de répétitions en tandem dans la séquence codante de FLO1 engendre une très forte variabilité d’expression et de séquence de FLO1 dans les différentes souches de levure, suggérant que le phénomène de floculation chez S. cerevisiae est un caractère social dynamique d’une capacité d’évolution extrêmement rapide.

Eveline Tarnus
Contact : evelyne.tarnus@univ-reunion.fr
http://sysbio.harvard.edu/csb/verstrepen


2) De la mutagenèse aléatoire à l'évolution dirigée : exemples d'un changement d'énantiosélectivité et d'un élargissement de la spécificité de substrat.

Durant les dix dernières années, de nombreuses applications ont été développées concernant l'utilisation d'enzymes en synthèse organique. La tendance actuelle est le tailor-design, c'est-à-dire modifier le biocatalyseur sur mesure en utilisant des techniques d'ingénierie des protéines telles que la conception rationnelle et l'évolution moléculaire dirigée. Or, une des propriétés catalytiques les plus importantes, mais également demandant le plus d'innovation, est la stéréosélectivité. L'équipe du Professeur U. Bornscheuer (Dept. of Biotechnology & Enzyme Catalysis, Institute of Biochemistry, Geifswald, Allemagne) en collaboration avec l'équipe du Professeur Kazlauskas (Biochemistry Molecular Biology & Biophysics, University of Minnesota, Saint Paul, MN, USA) a récemment développé et utilisé un système de criblage haut-débit pour hydrolases afin d'améliorer l'énantiosélectivité d'estérases pour la synthèse d'alcools secondaires et tertiaires. Les lipases et estérases clivent difficilement les esters d'alcool tertiaires et dans ce cas l'évolution dirigée seule ne donne pas de résultats satisfaisants. Cependant, une lipase de Candida rugosa se trouve être active sur ce substrat. En se basant sur la comparaison de séquences entre cette lipase et celles d'autres organismes eucaryotes et procaryotes, ils ont identifié un motif particulier de cinq acides aminés, GGG(A)X, présent chez C. rugosa. En utilisant trois substrats modèles différents et un test d'activité comprenant trois étapes enzymatiques après l'hydrolyse elle-même, les auteurs ont montré que les hydrolases possédant ce motif étaient actives, contrairement à celles qui en sont dépourvues. Par évolution dirigée, 5000 clones ont été créés dont 7 ont révélé une inversion d'énantiosélectivité (de R vers S) et une spécificité de substrat plus importante. En combinant les résultats précédents et un choix de mutations au site actif (conception rationnelle), un double mutant a été créé. Il présente d’une part un taux d'inversion beaucoup plus important que les deux mêmes mutations séparées et, d’autre part, selon les substrats, le taux d'inversion est de 3 à 100 fois plus élevé que l'enzyme native. Ainsi la combinaison des trois techniques : mise au point d'un test enzymatique suffisamment discriminant, l'évolution ainsi que la mutagénèse dirigées, a permis l'obtention d'un mutant actif sur les esters d'alcool tertiaire.

Isabelle Benoit
i.benoit@uu.nl


3) Membrane rafts: important (yet controversial) components of receptor signaling
(Conférence du Professeur Vaclav Horejsi)

Lors de sa conférence, le Pr. Horejsi, Directeur de l’Institut de Génétique Moléculaire de Prague, présenta une vue d’ensemble de ses travaux sur l’implication des radeaux lipidiques dans l’activation des cellules T, en particulier sur des protéines adaptatrices LAT (linker for activation of T cells) et PAG (phosphoprotein associated with glycosphingolipid-enriched membrane microdomains).
Les radeaux lipidiques (lipid rafts) consistent en des zones particulières de la bicouche lipidique, résistantes aux détergents, où la composition en lipides et en protéines diffère de celle du reste de la membrane. Les radeaux lipidiques sont riches en acides gras saturés et en cholestérol, mais aussi en protéines transmembranaires à ancres GPI (glycosyl-phosphatidyl-inositol) qui possèdent souvent un domaine tyrosine kinase sur leur face cytoplasmique. La réponse immune, quant à elle, fait intervenir de nombreux complexes récepteurs tels que le TCR (T-cell receptor) ou le BCR (B-cell receptor), qui relayent les signaux via des cascades de phosphorylation des résidus de tyrosine.
Ses travaux ont établi que les protéines LAT et PAG sont retrouvées au niveau des lipid rafts et servent d’adaptateurs pour des protéines de la famille des kinases Src. Il a été prouvé que la redistribution de ces protéines à la surface cellulaire a un impact sur la transduction du signal et donc l’activation des cellules lymphocytaires. Les radeaux lipidiques apparaissent donc essentiels à l’activité des complexes récepteurs.
Les radeaux lipidiques sont des édifices multimoléculaires, plus ou moins labiles, et donc très difficiles à étudier. Cependant, leur étude devient une étape obligatoire pour mieux comprendre le fonctionnement de complexes récepteurs comme le récepteur de l’insuline, l’interleukine 2 ou les récepteurs de mort. De même, ces radeaux lipidiques semblent participer ou être modifiés lors de différentes pathologies comme la maladie d’Alzheimer, les maladies à prion, l’athérosclérose, le cancer et le diabète. Des études sont actuellement en cours sur la possibilité de cibler au niveau des radeaux lipidiques l’enzyme clivant le précurseur du peptide amyloïde dans la maladie d’Alzheimer… A suivre !

Marie-Estelle LOSFELD
USSF-UMR 8576 CNRS
Villeneuve d’Ascq


4) Translational control via miRNA 3’-5’ interactions: from development to miRNA function (Conférence du Dr Nahum Sonenberg)

L’association Pan-Américaine de Biochimie et Biologie Moléculaire (PABMB) avait choisi d’inviter le Dr Nahum Sonenberg de l’Université McGill de Montréal pour une conférence plénière. Le Dr Sonenberg travaille depuis de nombreuses années sur les mécanismes de régulation de la traduction chez les eucaryotes.
Après avoir procédé à un bref rappel sur la structure des ARNm, le Dr Sonenberg a exposé l’ensemble des ”acteurs” moléculaires qui démarrent la traduction. Chez les eucaryotes, la queue poly A située en 3’ de l’ARNm interagit de manière synergique avec la coiffe afin d’augmenter la traduction du messager. De nombreux facteurs de démarrage de la traduction interviennent dans ce processus, notamment les facteurs eIF4 (eukaryotic Initiation Factor). eIF4A, eIF4E et eIF4G sont les trois premiers facteurs qui se fixent à la coiffe et régulent la liaison des autres protéines du complexe eIF4. La protéine PABP (Poly A Binding Protein) tient également un rôle majeur dans le démarrage de la traduction. En se liant à la queue poly A du messager, mais aussi au facteur eIF4G localisé sur la coiffe, PABP permet le repliement du messager et sa circularisation par la création d’un complexe de pontage 3’-5’ qui assure alors une fine régulation du démarrage de la traduction des messagers [1]. Celle-ci est également régulée par d’autres protéines qui se lient simultanément à eIF4E et aux régions non traduites en 3’ de l’ARNm (3’UTR).
Ce type d’interaction fonctionne durant le développement lors de la mise en place de l’axe antéro-postérieur chez la drosophile. Par exemple, les gènes bicoïd codant pour la protéine Bicoïd sont exprimés dans la queue, mais pas dans la partie antérieure de l’embryon. L’équipe du Dr Sonenberg a pu démontrer que cette protéine Bicoïd inhibait la traduction d’un ARNm caudal dans la partie antérieure de l’embryon en interagissant simultanément avec le 3’UTR caudal et une protéine apparentée à eIF4E, nommée d4E-HP [2].

La seconde partie de l’exposé du Dr Sonenberg a été consacrée aux mécanismes d’action des microARN (miRNAs) dans la cellule. Les miRNAs sont de petits ARN endogènes non-codants comprenant 19 à 25 nucléotides qui se sont révélés lors des dix dernières années comme des facteurs régulateurs post-transcriptionnels clefs de l’expression des gènes chez les Métazoaires et les plantes. Chez les Mammifères, les microARN constituent moins de 1 % du génome, mais participent au contrôle de l’activité de plus de 30 % des gènes codant pour des protéines. Différents modes d’action des microARN ont été identifiés dans la cellule :
• Arrêt du démarrage de la traduction : les ARNm sont stockés dans les P bodies (Processing bodies), sites d’accumulation de protéines impliquées dans la dégradation des ARNm. Ce stockage est réversible, l’ARNm pouvant ensuite être de nouveau traduit ou bien dégradé.
• Arrêt du post-démarrage de la traduction : les microARN provoquent le décrochage des ribosomes de l’ARNm.
• Protéolyse : induction de la dégradation de la protéine néosynthétisée par des protéases.
• Désadénylation de la queue poly A et dégradation du messager.

Le Dr Sonenberg a ensuite présenté les travaux de son groupe démontrant que la répression de la traduction par les microARN était dépendante de la coiffe de l’ARNm [3]. En effet, il a été observé que la protéine eIF4F du complexe de la coiffe pouvait restaurer la traduction du messager initialement inhibée par la machinerie des microARN (let-7 miRNA). De plus, il est connu que le contrôle post-transcriptionnel de l’expression des gènes par les microARN est gouverné par le complexe RISC (RNA-induced silencing complex) qui se lie au microARN, lui-même fixé principalement dans la partie 3’UTR de l’ARNm. Ainsi, le complexe Argonaute (Ago)-RISC se lie directement au complexe de la coiffe et entre en compétition avec eIF4E pour la liaison à eIF4G [4]. Il en ressort que les microARN agissent en partie sur le démarrage de la traduction en antagonisant le processus de reconnaissance de la coiffe par ces protéines.
De plus, il a récemment été établi que les microARN induisent la désadénylation des ARNm à travers l’activité du complexe RISC [5]. Cette désadénylation intervient après l’inhibition initiale du démarrage de la traduction. En résumé, les microARN sont capables d’inhiber la traduction en agissant à la fois sur les extrémités 3’ et 5’ de l’ARNm.

Laure MANEIX
Faculté de Médecine - CHU Côte de Nacre, Caen

Références

[1] Kahvejian, A., Svitkin, Y.V., Sukarieh, R., M’Boutchou, M.N., et Sonenberg, N. (2005). Mammalian poly(A)-binding protein is a eukaryotic translation initiation factor, which acts via multiple mechanisms. Genes Dev. 19, 104–113.

[2] Cho, P.F., Poulin, F., Cho-Park, Y.A., Cho-Park, I.B., Chicoine, J.D., Lasko, P., et Sonenberg, N. (2005). A new paradigm for translational control: inhibition via 50-30 mRNA tethering by Bicoid and the eIF4E cognate 4EHP. Cell 121, 411–423.

[3] Mathonnet, G., Fabian, M.R., Svitkin, Y.V., Parsyan, A., Huck, L., Murata, T., Biffo, S., Merrick, W.C., Darzynkiewicz, E., Pillai, R.S., Filipowicz, W., Duchaine, T.F., et Sonenberg, N. (2007). MicroRNA inhibition of translation initiation in vitro by targeting the cap-binding complex eIF4F. Science 317, 1764–1767.

[4] Kiriakidou, M., Tan, G.S., Lamprinaki, S., De Planell-Saguer, M., Nelson, P.T., et Mourelatos, Z. (2007). An mRNA m7G cap binding-like motif within human Ago2 represses translation. Cell 129, 1141–1151.

[5] Wakiyama, M., Takimoto, K., Ohara, O., et Yokoyama, S. (2007). Let-7 microRNA-mediated mRNA deadenylation and translational repression in a mammalian cell-free system. Genes Dev. 21, 1857–1862.

Informations Complémentaires :
Du : 04/07/2009 au 09/07/2009
Lieu : Prague - République Tchèque
Organisateurs : FEBS
Lien document : - non disponible -
Auteur : Benoit, Losfeld, Maneix, Tarnus (via Maria Foka)






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